Assassins

Conversation au détour d’une ruelle sombre

Oh Baelroth, je sais que tu es là ! cria Conrad en titubant dans la pénombre d’une ruelle. Tu m’entends ? Ne te fais pas prier… il paraîtrait que tu me cherches… Le courage qu’il semblait trouvé au fond de sa bouteille de gnole avait quitté ses dernières paroles.

Il s’apprêtait à revenir sur ses pas et rejoindre ses camarades de lutte à l’auberge lorsqu’une fumée sombre s’engouffra entre les vieilles bâtisses. Elle tourna autour du jeune homme avant de dévoiler une silhouette fantomatique. Un hoquet de peur le fit sursauter et tomber sur la route gelée.

Il faut être fou ou bien stupide pour oser m’appeler ! grinça l’assassin. Dans ses yeux brillaient sournoiserie et méchanceté. Pourquoi vouloir me gâcher ma chasse ? J’aime jouer avec ma proie et me délecter de sa frayeur. Sais-tu quel goût à la peur misérable mortel ?

Je… je… non… je ne sais pas, bredouilla Conrad encore assis sur le sol.

La tienne a un petit goût salé des plus agréables… ria Baelroth en inspirant profondément. Dommage que tu l’es souillé avec tant d’alcool… quel gâchis !

Vous allez me tuer n’est-ce pas ? réussit à prononcer Conrad. Je sais que les Diplomates ont mis un contrat sur ma tête…

Un rire rauque et terrifiant résonna dans tout le quartier.

Et ? qu’attends-tu de moi ? demanda l’assassin amusé.

Je…

Je n’ai pas tout mon temps… mes proies s’impatientent ! Tu n’es pas mon seul contrat… Tu vas peut-être mourir ce soir finalement. J’avais prévu de te garder pour plus tard…

Vous n’êtes pas obligé de me tuer, prononça le jeune homme avec le peu de courage qui lui restait.

Vraiment ? et qu’aurais-tu à m’offrir en échange ?

En échange… ? bredouilla Conrad.

Aurais-tu oublié qui je suis ? demanda Baelroth énervé. Ne me dis pas que tu m’as appelé sans avoir quelque chose à me proposer contre ta vie ?!

Un étrange brouillard entoura l’assassin et vint tournoyer autour de Conrad qui se mit peu à peu à suffoquer. Il ne comprit que trop tard que cette fumée était en réalité un poison mortel. Le feu avait déjà envahi ses poumons.

Quels sont… les termes du contrat… ? demanda Conrad à bout de souffle.

Mon plaisir… la voix de l’assassin résonna dans la tête du jeune homme et fut la dernière chose qu’il entendit avant de tomber livide et gelé sur les pavés.

Mon plaisir et une bourse bien remplie …

Le brouillard se dissipa et le calme revint dans le quartier nord de la cité. La rébellion venait de perdre son chef…

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