Bienvenue sur Axion

Bienvenue sur Axion

Nouvelle mission. Une station de colons qui ne répond plus depuis quelques jours. Aucune activité. Aucun contact. C’est étrange. Cette planète était répertoriée comme « sans danger ». Sans doute un problème de liaison…

Après 15 jours de voyage, nous survolions enfin les montagnes de verre de la planète Axion. Un spectacle sublime. Des milliers de sommets couverts d’une fine couche de poussière claire. La lune, blanche et pure, dessinait une ligne pâle le long de l’horizon. La nuit était vraiment splendide sur Axion. Et beaucoup moins meurtrière que le jour. Le soleil y était si chaud qu’il était impossible d’y survivre.

La station se trouvait juste de l’autre côté du paysage. Au pied d’un immense mur de cristal. Probablement la raison de leur silence. Plus que quelques heures et heureusement… Mes hommes étaient pressés de se dégourdir les jambes et devenaient de plus en plus insupportables. De vrais gamins ! Mais je ne pouvais pas les blâmer. Nous avions été privés de perm pour nous rendre sur Axion. Cinq mois à enchaîner les missions, c’était long !

Mes premières observations étaient inquiétantes : aucune lumière malgré la pénombre, aucun mouvement et aucune réponse à mes appels radio.

– Chef ! La porte est grande ouverte.

– J’ai vu, Mikey. Merci ! Mais ça ne veut rien dire. Préparez-vous. On descend !

L’air était respirable sur cette partie de la planète. À condition, bien sûr, de ne pas y rester plus de quelques minutes. Une histoire de composition de gaz. Bref. Nous avions 10 minutes maximum pour rentrer dans la station et refermer le sas avant de perdre connaissance.

Lourdement armés, nous nous dirigions vers la base, bien loin d’imager ce qu’y nous y attendait. Greg, le MacGyver de l’équipe, s’occupa de la fermeture de l’entrée pendant que nous commencions à sécuriser les lieux. Tout était parfaitement calme. Aucun signe de vie. Pourtant, 300 colons vivaient ici depuis près de deux ans. Où étaient-ils passés ? Autant de personnes ne pouvaient pas disparaître comme ça. C’était impensable.

Nouveau détour. Nouveau couloir. L’ambiance avait changé peu à peu. Plus nous nous éloignions de la porte, plus des relents nauséabonds nous agressaient les narines. Moisissure et putréfaction, l’odeur de la mort. Je ne la connaissais que trop pour ne pas être capable de la reconnaître.

À la lueur de nos lampes torches, nous découvrions des murs couverts de sang. Sous nos rangers, le sol était gluant et collant. Nous avions pénétré dans une zone de guerre. Une véritable boucherie. Mais pour le moment, nous n’avions aperçu aucun corps.

– Sans danger, chef ! On s’est bien foutu de notre gueule, putain ! Y’a pas de survivant ici, on f’rait mieux de se barrer.

– Pas question, soldat ! Bouge ton cul et avance. Nous devons retrouver les…

Un cri strident nous vrilla les oreilles. Il n’était pas humain, c’était une certitude. Je ne sais pas lequel avait commencé à tirer, mais nous avions tous vidé au moins un chargeur en direction de ce rugissement épouvantable. Et personne ne toucha quoi que ce soit.

Le silence revint, la poussière retomba et la lumière s’alluma presque au même instant.

– Chef ! La porte… la porte…

– Quoi, Greg ?

– La porte… elle ne s’ouvre plus. Pas moyen. J’ai tout essayé.

– Qu’est-ce que tu racontes, putain ?

– Je dis, Zack, que cette porte par laquelle tu as fait passer ton joli petit cul, elle s’est refermée juste derrière nous et refuse de s’ouvrir.

Nous étions tombés dans un piège. Nous venions d’entrer en enfer.

30 minutes chrono, sans relecture.

Texte de L.S.Martins

Image par JCK5D de Pixabay : Planète Sience Fiction Monde – Image gratuite sur Pixabay

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