Affiche Noir Et Blanc Paris, 1989, Elliot Erwitt

Baiser devant la Tour Eiffel

Un baiser devant la Tour Eiffel sous un ciel pluvieux. Quoi de plus romantique ? Si ce n’était pas un adieu. Hélas… 

Je ferme les yeux pour savourer cet instant. Triste, non. Nostalgique, certainement. En quelques secondes, les merveilleux moments de notre vie à deux défilent. Une larme m’échappe. Un soupir aussi. 

Ses lèvres sont douces et chaudes. Avec un goût de vanille. Ce goût que j’ai aimé si fort et que je chérirais encore. Dans notre étreinte, on se dit tout ce que les mots n’ont pas su exprimer. 

Je me blottis une dernière fois contre lui. Sa barbe naissante pique mon front. Je respire son odeur. Ce parfum boisé qui m’a si souvent réconfortée.

Ses bras ne m’enferment plus dans ce petit monde qui était le nôtre. Ses mains sont hésitantes. Son souffle saccadé. Le doute et le malaise s’installent entre nous. Est-ce réellement terminé ?

Alors que nos corps refusent d’être séparés, les éléments se déchaînent. Le vent souffle dans nos parapluies m’arrachant à son étreinte. 

Nous y voilà. Face à face. Les yeux dans les yeux. Timides. Incertains. Comment en est-on arrivé là ?

La vie reprend soudain son cours. Le bruit des badauds vient perturber le silence de nos adieux. Les oiseaux se taisent devant notre spectacle mélancolique, ou peut-être est-ce juste la pluie qui couvre leur chant joyeux. Un inconnu passe et dans une cabriole m’arrache un sourire.

La vie continue.

Sans lui.

Sans nous.

Devant la Tour Eiffel.

Sous la pluie.

Texte de L. S. Martins (30 minutes chrono).
Affiche Noir Et Blanc Paris, 1989, Elliot Erwitt 

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