Je me voyais déjà...

Je me voyais déjà…

Voilà tout ce qu’il reste de moi… Eh dire qu’il y a quelques années, j’étais au top. La crème de la crème. Tous se battaient pour m’avoir dans leur équipe. Se disputaient mes fabuleux talents…

J’étais une véritable star. Faisant tourner toutes les têtes. Provoquant les jalousies de mes confrères et consœurs. Le bonheur…

Et puis le temps s’en est mêlé. Est venu l’âge ingrat des douleurs rhumatismales. Les tâches devenaient de plus en plus complexes. Ardues. Et moi, trop lent. Trop vieux. Obsolète comme ils disent.

Mais je pouvais encore servir. Alors ils me confèrent des missions quelconques. Sans aucun intérêt. Jusqu’au jour où ils finirent par m’oublier. Me délaisser. M’abandonner.

Il ne fait pas bon vieillir, dans cette société… Même en se tenant à jour, des petits jeunes – plus rapides, plus vifs – sont toujours là pour convoiter votre place.

J’en ai fait partie, jadis. Alors comment leur en vouloir ?

Quel triste constat… Nous ne sommes que des machines remplaçables. Que des esclaves sans aucun espoir de reconnaissance…

Voilà tout ce qu’il reste de moi. Quelques barres d’acier. De vieux boulons rouillés. Du caoutchouc brûlé… Perdus, éparpillés dans cet ancien entrepôt délabré.

15 minutes chrono, sans relecture.

Texte de L.S.Martins.

Image par Peter H de Pixabay : Robot Machine Pforphoto Endroits – Photo gratuite sur Pixabay

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