Descente en enfer

Descente en enfer

Voilà des jours que j’erre dans cet obscur labyrinthe, à la seule lueur de cette lampe de poche, qui me semble un peu plus fébrile à chacun de mes pas. Je me repasse les images de l’attaque de nous avons subi avant d’être aspiré et enterré vivant. Tout s’est passé si vite. J’avais pressenti le danger, mais réagis trop tard… Zack et Raphaël sont morts… L’explosion était d’une telle violence qu’ils ne peuvent avoir survécu ! Comme de véritables débutants, nous avons foncé tête baissée dans ce piège méticuleusement orchestré !

Moi aussi, j’ai cru mourir lorsque les racines noueuses d’un vieil arbre m’ont attrapé. Me privant de tout mouvement, elles m’ont entraîné dans le sol boueux. Une descente en enfer ? Presque… Je ne saurai dire combien de temps j’ai été leur prisonnier. Sous l’émotion et la douleur, j’ai perdu connaissance. Mais lorsque j’ai ouvert les yeux, j’étais allongé sur un sol froid face à un long couloir sombre. Le silence assourdissant bourdonnait à mes oreilles. Aucun signe de vie… Aucun bruit… Seulement l’écho de ma respiration chaotique.

La folie pour seule compagne, je marchai sans but à travers ce dédale de roche qui deviendrait mon tombeau. Personne ne viendrait me chercher. Qui en aurait l’idée ? J’avais perdu tout espoir… Je ne sais pas ce qui était le plus douloureux : cette faim insupportable ou la certitude que j’allais mourir ici ? L’air était de plus en plus irrespirable. Chargé de poussière et de cette odeur nauséabonde. J’étais à bout de force… Épuisé. Il aurait suffi que je m’installe contre la paroi rocheuse et que je m’endorme… Sans douleur… Sans aucune résistance. Que je ferme les yeux et que je me laisse partir. Mais cela me semblait impensable. Pourquoi ?

Voilà des jours que j’erre dans cet obscur labyrinthe, à la recherche d’une issue… De la délivrance. Alors quand elle se présenta enfin à moi, j’ai cru à un mirage… À une farce sinistre de mon esprit malade. Le long couloir sombre et froid débouchait sur une grotte illuminée. Une délicieuse brise vint effleurer mon visage. Les rayons de soleil réchauffèrent ma peau blafarde. La délicate mélodie de l’eau et le chant des oiseaux m’emplirent de joie et d’espoir. Au loin, les pyramides du Caire se dressaient fièrement m’invitant à les rejoindre. Cette vision féerique m’hypnotisa. Et malgré toutes ces épreuves, le bonheur m’envahit… Celui d’être en vie.

Texte de L.S.Martins

Image par -MQ- de Pixabay 

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