Scène déchirante d'une femme en deuil

La douleur d’un mort

Un soleil pâle se lève sur les plaines ardentes. Les ruines d’une cathédrale splendide surplombent tristement le funeste paysage. Une pluie glaciale a étouffé les flammes paresseuses qui léchaient les vestiges d’un assaut meurtrier. Une délicieuse odeur de terre mouillée, portée par une brise légère, s’échappait du sol meurtri par cette sombre nuit. Contraste saisissant…

L’ennemi nous avait attaqués aux douze coups de minuit, détruisant tout sur son passage. Que nous voulait-il ? Les femmes et les enfants ne furent pas épargnés. J’eus à peine le temps de cacher ma tendre épouse dans notre cave avant qu’il n’entre dans notre foyer. Je sens encore le sang chaud couler sur ma poitrine… Le regard triste de ma bien-aimée à travers les lattes du plancher.

Les premières lueurs du jour commencent à briller sur notre village. Il n’en reste rien. Le feu a consumé toute trace de notre pitoyable existence. Tout sauf cette scène déchirante… ému par sa beauté. Une jeune femme en pleurs devant un crâne sans vie. Il suffirait d’un souffle, d’un effleurement, pour qu’elle ne disparaisse elle aussi à jamais. Et pourtant, je ne pus m’empêcher de caresser son visage délicat… Comme pour soulager sa détresse.

« Marie… Oui, c’est bien toi. Je suis si désolé, ma tendre Marie, de ne pas avoir su te protéger… »

Soudain, dans un nuage étincelant, elle disparut, libérée de toute douleur. Elle partit rejoindre les anges, me laissant errer seul sur ces terres maudites.

Texte de L.S.Martins

Image par Stefan Keller de Pixabay 

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *