Drôle de réalité

Drôle de réalité

Hallucination ? Mauvais trip ? Trauma crânien peut-être ? Je cherchais désespérément la cause de cette étrange vision. Cette femme splendide qui au niveau de la taille prenait miraculeusement des allures de cheval blanc !

Ce ne pouvait être vrai. Peut-être un rêve. Mais il me paraissait un trop réaliste… Je pouvais sentir l’air marin sur mon visage. Le sel me piquait la peau. L’herbe sèche chatouillait délicieusement mes pieds nus. Et le bruit des vagues me réconfortait. Pareil à mes souvenirs d’enfant. Lorsque, pendant les vacances d’été, nous passions trois semaines entières au bord de l’océan.

Caché derrière ce que j’espérai être les restes d’une gargouille, je priai pour qu’elle ne me voie pas. Qu’elle passe son chemin et reparte au galop. Mais lorsque ma main effleura cet animal prisonnier de la pierre, une plainte lointaine trahit ma position. L’immense statue fut parcourue par un interminable frisson et ouvrit les yeux.

– Qui ose me réveiller ?

– Ce n’est rien Hulioper. Tu peux te rendormir. Seulement un jeune humain qui s’est perdu.

– C’est la troisième fois en 100 ans… Tu sais que j’ai besoin de me reposer…

– Oui, Hulioper. Nous le savons tous. Je te prie de l’excuser.

J’assistai aux échanges insensés entre un lion pétrifié et un centaure. Tout simplement impossible. Improbable. Irréel ! Et pourtant…

La jeune femme me sourit tendrement. Elle me tendit la main avant de se présenter :

– Bonjour, Jack. Je m’appelle Iria.

Comment pouvait-elle connaître mon prénom ?

– Nous t’attendions. Laisse-moi te guider jusqu’à notre village. Notre chef t’explicitera la raison de ta venue dans notre monde.

Je voulus courir, partir loin de toute cette folie, mais mon corps ne répondait plus. Je restai figé, incapable du moindre mouvement, les yeux exorbités face à cette drôle de réalité. Et sans que je m’en aperçoive, elle me hissa sur son dos et partit au galop.

Texte de L.S.Martins

Image par Stefan Keller de Pixabay 

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