Elle disparaît...

Elle disparaît…

Allongé dans l’herbe, je ne pense à rien. Enveloppé dans une brume fraîche, je contemple le ciel étoilé. Voilà bien des années que ce petit rituel me suit. Tous les soirs, je sors discrètement pour fuir quelques minutes mon quotidien si pesant.

Je voyage de galaxie en galaxie. Je rencontre des créatures à peau de serpent, au regard perçant, aux oreilles allongées… Je souris tout seul. Je laisse vagabonder mon esprit, à la recherche de réconfort et de fantaisie.

Mais ce soir, tout me semble différent. Ce soir, le silence est douloureux. Ce soir, l’herbe est froide. Ce soir, la brume me brûle la peau. Ce soir, la lune est triste.

Depuis que le soleil a perdu de ces couleurs, elle s’efface peu à peu. Elle, qui avait toujours illuminé mes nuits, qui avait toujours guidé mon âme, m’abandonnait comme les autres. Là-haut, elle paraît si lasse presque éteinte. Grignotée par endroits, elle disparaît.

Ce n’était un secret pour personne. Lorsque l’Homme a découvert un minerai rare à la surface de cet astre céleste, sa survie était en péril. L’Homme n’est pas un colonisateur ni un aventurier. C’est un destructeur. Il détient ce pouvoir terrible de corrompre ce qu’il y a de plus beau. De broyer ce qui a de plus délicat. D’anéantir la candeur la plus pure…

Ce soir, mon cœur saigne, mes yeux pleurent et ma voix reste muette. Demain, commence une nouvelle journée dans mon enfer. Je suis aussi fatigué que cette lune sans vie. Je voudrais que tout s’arrête. La Terre. Le monde. La guerre. Je voudrais disparaître. Mais je ne le peux pas. Parce que j’ai des responsabilités. Des responsabilités… Envers un peuple ingrat. Envers une cour infidèle. Envers un dieu cruel.

Texte de L.S.Martins

Image par Larisa Koshkina de Pixabay 

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