Blanche neige

Blanche-Neige – Réécriture

Connaissez-vous l’histoire de Blanche-Neige ? La véritable, je veux dire. Non ? Évidemment. Rares sont ceux qui s’en souviennent. Et pour cause ! Les frères Grimm ont fait de leur mieux pour qu’il en soit ainsi. Pour que tous oublient l’horreur de la vérité.

Dans le conte, Blanche-Neige est alors dépeinte comme une splendide et innocente jeune fille « à la peau blanche comme la neige, aux lèvres rouges comme le sang et aux cheveux noirs comme le bois d’ébène ». Une délicieuse enfant persécutée par une belle-mère jalouse.

Mais vous êtes-vous déjà demandé si tout cela n’était que pur mensonge ? Que derrière ce portrait angélique se cache une abominable créature ? Derrière ce visage ingénu, se dissimule une bête féroce et cruelle ? Une sorcière aussi belle qu’impitoyable.

Laissez-moi vous conter la véritable version du sort tragique de tout un royaume.

Il était une fois une Reine, désespérée de ne pouvoir enfanter, qui pria si fort que ses vœux impies furent exaucés. À l’aube de l’hiver, naquit une splendide petite fille prénommée Curiosa. Son arrivée au monde fut des plus exceptionnelles. Il n’y eut aucun cri. Aucun pleur. Seulement un fabuleux sourire sur le visage de ce nouveau-né aux yeux aussi noir que l’onyx. La sage-femme prétendait même que Curiosa était sortie toute seule du ventre de sa mère, sans le moindre effort. Mais, contrairement à ce que dit la légende, la Reine ne perdit pas la vie cette nuit-là.

Curiosa était une enfant des plus singulières. Elle restait seule des heures durant, à errer dans l’immense tour du château, en murmurant des paroles sans aucun sens et effrayant tous les domestiques sur son passage.

Le jour de ses 5 ans, elle reçut de son père un magnifique arc tout de bois sculpté. Impatiente, elle voulut absolument l’essayer et supplia sa mère de l’emmener dans la forêt. La Reine ne put résister à la moue charmeuse de sa tendre fille. Après le déjeuner, elles partirent toutes deux se promener. Des chevaliers avaient insisté pour les accompagner, mais pour une raison étrange, jamais ils ne purent les suivre.

Au coucher du soleil, Curiosa rentra seule, la robe ensanglantée et le regard hagard, incapable de prononcer un mot. Incapable d’expliquer ce qu’il s’était passé ni où se trouvait sa pauvre mère. Après des jours de recherche désespérée, les chevaliers retrouvèrent enfin le corps inanimé de la souveraine. À quelques mètres d’une vieille chaumière, loin, très loin dans les profondeurs sombres et épouvantables du bois. Elle était méconnaissable. Seul son médaillon, parmi les restes de chairs pourries laissés par les loups, avait permis de l’identifier. Que faisait-elle là-bas ? Cela demeure encore un mystère.

Les années s’écoulèrent. Sombres et longues, au cours desquelles des phénomènes étranges se produisirent : les animaux disparaissaient un à un ; les récoltes s’amenuisaient de jour en jour, pourrissant en terre ; et les nouveau-nés succombaient après leur première inspiration. Des rumeurs de malédiction planaient dans tout le royaume. Le peuple était terrorisé, mais ce qu’il ignorait, c’est que l’avenir s’annonçait bien pire.

Le jour de ses 17 ans, en gage de paix, elle offrit à son père et sa belle-mère une pomme éclatante qu’elle avait elle-même cueilli dans les jardins. Les yeux plein de larmes, elle s’excusa pour son comportement, et les pria de lui pardonner toutes ses années de méchanceté. Ce qu’ils firent avec bonheur. Sans aucune méfiance.

La nouvelle Reine croqua alors dans ce fruit si alléchant avant de le tendre à son époux. Tragique erreur ! Ses traits, si somptueux, se déformèrent brusquement en un masque hideux et maléfique. Sous le choc, le Roi protégea sa fille et dégaina son épée. Il transperça le corps de son épouse qui s’effondra sur le sol de marbre blanc. Mais alors que la vie la quittait, son visage redevint aussi beau qu’au premier jour où il avait posé les yeux sur elle. Qu’avait-il fait ?

Fou de rage et de douleur, il se tourna vers le véritable monstre responsable de ce cauchemar, Curiosa. Mais il avait réagi trop tard. Un liquide chaud coulait sur sa poitrine, imprégnant le tissu de sa chemise. Il recula en titubant tenant d’une main tremblante la dague plantée dans son cœur, avant de s’écrouler à son tour.

Alertés par les cris, les gardes accoururent et trouvèrent Curiosa, le sourire aux lèvres, assise sur le trône, coiffée de la couronne royale, le corps sans vie de ses parents à ses pieds.

Texte de L.S.Martins (30 minutes chrono). 
Image par Enrique Meseguer de Pixabay : Gothique Fantaisie Foncé – Image gratuite sur Pixabay

D’après le texte de L.S.Martins du 17 octobre 2020 (30 minutes chrono, sans relecture).

Connaissez-vous la véritable histoire de Blanche-Neige ? Non… J’en doute. Et comment vous en vouloir ? Après tout, rares sont ceux qui s’en souviennent. Les frères Grimm l’ont dépeinte comme cette splendide et innocente jeune fille « à la peau blanche comme la neige, aux lèvres rouges comme le sang et aux cheveux noirs comme le bois d’ébène ». Une enfant persécutée par une belle-mère jalouse. Et si tout ceci n’était que pur mensonge ? Si ce portrait des plus étranges était vrai… Comment un ange pourrait-il avoir des allures de créature des ténèbres ? Comment un visage ingénu pourrait-il dissimuler une bête féroce et cruelle ? Une sorcière baptisée Curiosa. Laissez-moi vous conter ce qu’il s’est réellement passé.

Curiosa était un véritable miracle pour le royaume. La Reine, désespérée de ne pouvoir enfanter, pria si fort que ses vœux furent exaucés. Elle donna alors naissance à une petite fille exceptionnelle. Aucun cri… Aucun pleur… Seulement un sourire sur le visage de ce nouveau-né aux yeux aussi noir que l’onyx. La sage-femme prétendait qu’elle était sortie toute seule du ventre de sa mère, qui contrairement à ce que raconte la légende, ne mourut pas ce jour-là.

Curiosa était une enfant des plus singulières : toujours dans son monde, murmurant des paroles sans aucun sens, solitaire… Pour ses 5 ans, elle reçut un arc en bois sculpté qu’elle voulut absolument essayer. Elle supplia alors sa mère de l’emmener dans la forêt derrière le château. Celle-ci ne put qu’abdiquer devant le sourire charmeur de sa tendre fillette. Elle l’accompagna et jamais ne revint. Curiosa rentra seule, au coucher du soleil, la robe ensanglantée et le regard hagard. Elle resta dans cet état de transe durant près de deux semaines. Jusqu’au jour où les chevaliers du Roi retrouvèrent le corps inanimé de la souveraine, déchiqueté par les loups, près d’une vieille chaumière, dans les profondeurs sombres du bois. Que faisait-elle là-bas ? Ceci reste encore un mystère.

Les années s’écoulèrent… De sombres et longues années au cours desquelles d’étranges phénomènes se produisirent : les animaux domestiques disparurent un à un ; les récoltes s’amenuisèrent de jour en jour, pourrissant en terre ; de plus en plus de nouveau-nés succombaient dès leur première inspiration… Les paysans étaient apeurés. Des rumeurs de malédiction planaient dans tout le royaume. Mais ce n’était rien en comparaison du règne de terreur qui les attendait. Car Curiosa était bien décidé à monter sur le trône. Alors, le jour de ses 17 ans, en gage de paix, elle offrit, à son père et sa belle-mère, une pomme éclatante qu’elle avait cueilli de ses blanches mains. Elle s’excusa pour son comportement et leur demanda, à chaudes larmes de lui pardonner. Ce qu’ils firent… Sans aucune méfiance… Puis croquèrent dans ce fruit si alléchant. Erreur tragique. Les traits de la nouvelle Reine, si somptueux, se déformèrent peu à peu dévoilant le visage d’une sorcière des plus hideuses. Sous le choc, le Roi dégaina immédiatement son épée et transperça le corps infâme de son épouse. Lorsque la vie la quitta, son visage redevint aussi beau que le jour, où, pour la première fois, il avait posé les yeux sur elle. Qu’avait-il fait ? Fou de rage et de douleur, il se tourna vers sa fille. C’est à cet instant que Curiosa lui planta sa dague en plein cœur.

Lorsque les gardes, alertés par les cris, arrivèrent, ils trouvèrent Curiosa assise sur le trône, coiffée de la couronne royale, le corps de son père à ses pieds.

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