Illusionnistes

Discours incohérent d’un ivrogne

Les illusionnistes… des créatures issues du ciel… d’une beauté qui n’appartient qu’aux Dieux. Ils ne peuvent pas mentir, mais jouent avec la vérité… oui ils jouent avec les mots.

L’homme se laissa tomber sur le tabouret face au comptoir. Il prit sa tête dans les mains tout en continuant à marmonner.

Ils sont dans ma tête… je peux les entendre. Ils veulent que j’accomplisse des choses… des actes méprisables… au plus profond de mon être, je n’en ai pas envie mais je sais que quoi qu’il arrive je le ferai… je ne suis plus maître de mon corps ni même de mon esprit.

Je te sers à boire ou tu es juste venu effrayer mes clients ? demanda l’aubergiste sans prêter attention aux paroles insensées de l’homme.

La mission… j’avais demandé audience à Kydriar, leur chef, dans leur temple sur les hauteurs au Sud de la cité. Alioleas avait confiance en moi et j’ai échoué. Je devais recueillir des informations… comprendre quelles étaient leurs intentions concernant le Royaume… et la guerre qui se prépare d’après nos Médiums. Pourquoi des Dieux se soucieraient des misérables mortels que nous sommes ?

Les Dieux ? ils se moquent de nous ! Arrête de te torturer et bois ça. Ça ira mieux après, tu verras, lui dit l’aubergiste en lui donnant un verre d’un liquide étrange à l’odeur nauséabonde. C’est de la gnole de prune, elle brûle un peu mais réchauffe et fait oublier tous les soucis. Tu sembles en avoir besoin !

L’homme avala d’un trait le verre tout en grimaçant, et reprit ces élucubrations.

Aujourd’hui mon allégeance est envers les Illusionnistes… mais pourquoi ? Que s’est-il passé dans cette pièce de marbre blanc ? Je me souviens de la grandeur des lieux… de la beauté des gardes… et Kydriar assis devant moi, menaçant…

Ne dis pas ce genre de chose si tu ne veux pas te faire tuer ! lui lança l’aubergiste, inquiet. Les hommes de Alioleas sont partout.

Un homme au fond de l’auberge se leva et vint s’asseoir juste à côté de l’ivrogne. Il lui offrit un autre verre, et paya l’aubergiste pour qu’il s’occupe des autres clients.

Alors Leofuros, mon ami, cela fait plusieurs jours que tu as disparu… Je te croyais mort ! Quelle ne fut pas ma surprise de te voir rentrer dans cette auberge !

Leofuros lui adressa un sourire en coin, et avec une dextérité et une vitesse incroyables trancha la gorge de l’homme qui venait de le rejoindre. Il l’allongea sur le comptoir et prit la direction de la sortie.

Pardonne-moi. Je n’ai pas le choix…

 

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