La maison maudite – Réécriture

Dans la pénombre de ma chambre, j’attends anxieusement le retour de mes parents bien-aimés. Voilà trois jours qu’ils m’ont laissée seule avec ma nourrice, dans cette immense maison vide. Direction la ville. Rendez-vous avec la civilisation. Pour les affaires…

À l’aube de l’hiver, comme chaque année, tous les serviteurs ont déserté notre demeure. Aucun ne souhaite rester coincé entre ces murs lugubres. Tous bien trop effrayés par les étranges bruits qui la peuplent. Les bruits angoissants – comme des pleurs d’enfant, des cris de femme, en encore des coups sourds – et les disparitions soudaines et inquiétantes… Même Minou, mon vieux chat, préfère rester dehors la nuit.

Une première pour moi. Je les ai toujours accompagnés. Jamais je ne suis restée seule ici, en tête-à-tête avec cette femme austère. Ce maudit dragon déguisé en gouvernante qui a décidé que j’étais bien trop grande pour voyager avec mes parents. Qu’il me fallait étudier plutôt que de papillonner dans les rues bondées, devant les vitrines colorées.

Voilà pour quelle raison je suis enfermée dans ma chambre avec mes livres. Incapable de me concentrer dans ce silence assourdissant. Sous la pâle lueur des bougies vacillantes, je guette à la fenêtre crasseuse le moindre mouvement. Le moindre écho m’annonçant le retour de mes parents. Le claquement sourd des fers des chevaux, ou le grondement des roues de leur carrosse sur les pavés.

Soudain, un souffle froid glisse sur ma nuque électrisant tout mon corps. Un souffle froid et une odeur pestilentielle. Comme si quelqu’un se tenait derrière moi. Comme si je n’étais pas seule…

Texte de L.S.Martins (30 minutes chrono).
Image par DarkWorkX de Pixabay : Downton Abbey Nuit Brouillard – Image gratuite sur Pixabay

D’après le texte de L.S.Martins du 11 juillet 2020

Dans la pénombre sinistre de ma chambre, j’attendais avec une certaine impatience le retour de mes parents. Partis pour la ville il y a trois jours déjà, ils m’avaient laissée seule avec ma nourrice. Aux premiers jours de l’hiver, les serviteurs avaient déserté notre maison. Elle est maudite, répétait sans cesse le majordome. L’an passé, quelques semaines après notre arrivée, des bruits étranges avaient intrigué nombre d’entre eux… Des pleurs d’enfant, des cris de femme, de coups sourds. Puis les disparitions tragiques… Même mon chat, Minou, préférait rester dehors…

Enfermée dans ma chambre, sous la lueur des bougies vacillantes, je guettais à la fenêtre le retour de mes parents. Le bruit  de leur carrosse résonna dans le silence de la nuit. Enfin… Soudain, je sentis un souffle froid sur ma nuque. Mais pourtant j’étais seule…

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