mon amour

Mon amour

Voilà tout ce qu’il reste de moi. De nous. Une chambre aux murs décrépis. Cette chambre qui servait de salon, de salle à manger et parfois de même de salle d’eau.

Nos portraits trônent toujours fièrement au-dessus de l’étagère sur laquelle nous avions installé le poste radio. Celui que tu avais récupéré chez ton frère cette fabuleuse journée d’été en 65… Tu te souviens de nos soirées à jouer aux cartes, bercés par ce son grésillant ? De ces dimanches après-midi où tu lisais allongée sur notre minuscule lit pendant que je tapais sur cette vieille machine à écrire ? De nos fous-rires d’après-minuit ? De nos folles nuits d’amour…

Moi, je n’ai rien oublié. Ni ton sourire. Ni ton regard rieur. Pas même le goût de tes lèvres… Après ton départ, ma mémoire a tenté de faner ton souvenir. Peut-être pour me protéger de cet immense chagrin qui me dévastait. Mais j’ai lutté, vois-tu. Chaque jour, durant près de dix ans, je tapais sur mon antique machine tous les détails qui me revenaient en mémoire, de ton prénom à cette mignonne petite tâche en forme de cœur sur le haut de ton sein droit.

Aujourd’hui, mes gestes sont de moins en moins précis, ma vue moins nette et mes pensées quelque peu confuses. Seul dans cette pièce devenue austère, je dépéris chaque jour un peu plus espérant bientôt te rejoindre.

Texte de L.S.Martins (20 minutes chrono, sans relecture).
Image par graphisstudio de Pixabay : Urbex Exploration Urbaine – Photo gratuite sur Pixabay

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