Période morose

Une période morose, comme disent les autres !

J’aime cette période de l’année. Celle pendant laquelle mes promenades matinales sont synonymes de calme et sérénité. Lorsque le soleil, pâle, voilé par une brume épaisse, illumine le paysage encore endormi. L’herbe fine, blanchie par le froid, craque sous mes pieds. Et cette odeur si caractéristique. L’odeur de la terre mouillée par les larmes de la nuit.

Malgré le vent glacial qui mord mon visage, je ne peux m’empêcher de rester immobile. Peut-être par peur de réveiller cette nature si paisible. Alors je ferme les yeux et je profite de ce silence.

Mais cet instant magique est fatalement de courte durée… Mon corps me rappelle à l’ordre par un brusque frisson. Mes mains, bleuies par le froid, me font cruellement souffrir, comme mes oreilles, prisonnières de mon bonnet humide. Il est temps pour moi de retourner à mon travail. De retrouver l’exquise cacophonie et le parfum nauséabond de la vie urbaine.

Avant de partir, je prends une profonde inspiration dans l’espoir d’emporter avec moi quelques poussières de ce paysage magnifique, vierge de toutes traces humaines. Enfin presque. On peut apercevoir une cabane au loin. Une maisonnette qui devait servir autrefois aux paysans et qui aujourd’hui, abandonnée, ne fait plus qu’un avec la nature. Parfois, je l’envie presque. 

Texte de L.S.Martins

Image par Albrecht Fietz de Pixabay 

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