Nadia

NADIA

Ma première rencontre avec NADIA… J’ai l’impression que c’était hier. Seule, j’attendais dans les profondeurs de cette ville immonde… Parmi les ordures, les rongeurs et la pollution. Abandonnée durant mon sommeil, mes parents m’avaient laissée pour morte sur ce banc que je n’avais osé quitter… Persuadée qu’ils allaient revenir me chercher. Je n’avais que 5 ans. Comment peut-on laisser une enfant si jeune ?

Je me souviens des larmes dans les yeux de ma mère. Elle semblait si abattue depuis ma dernière visite chez le médecin. Ma maladie était incurable. Malgré toutes les avancées technologiques, il était impossible de me soigner.

Après deux jours de disputes et de messe basses, ils avaient enfin trouvé une solution : me poser dans cette ruelle sombre… Ils n’avaient le droit qu’à un enfant par couple. Alors je devais disparaître, pour qu’ils puissent avoir une nouvelle chance de fonder une famille normale.

Comment oublier ce froid qui mordait ma peau blanche ? Cette puanteur qui m’arrachait de violents hoquets ? Et cette soif qui me brûlait la gorge ? Recroquevillée, je pleurais toutes les larmes de mon corps. Quand soudain, une lumière aveuglante éclaira le banc sur lequel j’étais assise. Un bruit assourdissant vrombit à mes oreilles. Un vent frisquet fit tourbillonner la poussière amassée depuis tant d’années. C’est alors que NADIA apparut devant moi… Tel un ange me tendant la main.

C’était la première fois que je voyais un robot « Nourrice À Domicile et Infirmière pour Adultes », communément appelée N.A.D.I.A.. Je ne savais comment réagir. Que me voulait-elle ? Était-elle envoyée par mes parents ? Avaient-ils changé d’avis ?

Comme si elle pouvait lire dans mes pensées, si sombres et chaotiques, elle me dit d’une voix mélodieuse : « Vient mon enfant, je vais m’occuper de toi. On dirait que nous avons toutes les deux été abandonnées… »

Je ne sais pourquoi, mais je l’ai suivi. Elle était comme moi… Seule, sans famille… NADIA a été comme une véritable mère. Elle a pris soin de moi et m’a élevé comme si j’étais sa propre fille. Étrange pour une synthétique, me direz-vous. Mais pour moi, elle était bien plus humaine que mes véritables parents !

Texte de L.S.Martins

Image par Stefan Keller de Pixabay 

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