Capitaine Nosfero

Capitaine Nosfero

Tremblez, misérables ! Car le Capitaine Nosfero et son équipage maudit sont de retour. Comme chaque année. Pour le 31 octobre. Lorsque le voile entre nos deux mondes s’estompe, nous revenons piller vos hideuses maisons et violer vos bonnes femmes.

Certains d’entre vous nous ont déjà aperçus, voguant sur la mer agitée. Le pavillon flottant au vent. Sous la lumière blafarde de la lune. D’autres ont entendu nos rires angoissants et nos sifflements terrifiants. Mais la peur que vous éprouvez n’est rien en comparaison de ce que nous vous réservons…

L’enfer nous a assoiffés. Affamés. Tourmentés… Notre bref passage parmi les vivants va avoir un goût de paradis. Et aucune de vos satanées protections ne pourra fonctionner contre notre colère. Notre soif. Notre vengeance !

Car, voilà cent ans déjà, que vous nous avez condamnés à cet abominable sort. Lorsque, par une rude journée d’hiver, vous vous êtes alliés contre nous. Vous nous avez traqués impitoyablement pour nous dérober trésors et vies. Voilà votre punition. Votre malédiction. Résultat d’un pacte signé avec un dieu oublié… Le jour où vous nous avez envoyés par le fond, vous avez scellé votre destin.

Tous ceux qui ont eu entre leurs mains une partie, même infime, de nos richesses sont voués à une vie de labeur. Entachée de sang et de malheurs. Et chaque nuit du 31 octobre, nous revenons vous hanter. Vous torturer. Vous et vos descendants…

Je me languis de ce moment exquis. Celui où, ivre de rhum, je prendrai sauvagement quelques vierges de votre village. De jeunes filles gracieuses à la peau laiteuse. À la poitrine plantureuse. Aux hanches amples et prometteuses. Hum…

Mes hommes, aussi, sont impatients. Ils ont soif de votre sang. Faim de vos femmes. Vos maisons seront brûlées. Vos bétails massacrés. Mais rassurez-vous, personne ne sera tué… Nous vous blesserons. Nous vous violenterons. Certains seront défigurés. D’autres démembrés. Mais rien de bien méchant, n’ayez crainte !

Car, si par malheur vous mourrez prématurément de notre main, alors votre damnation prendra fin. Et nous, pauvres marins, nous disparaîtrons à tout jamais dans les profondeurs obscures…

20 minutes chrono, sans relecture.

Texte de L.S.Martins.

Image par Iván Tamás de Pixabay : Tempête Pirate Mer – Photo gratuite sur Pixabay

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.