Jeune femme au milieu d'un paysage aride.

Le rêve de Diana

« J’ai encore fait ce rêve étrange. Une femme splendide, telle une déesse, marche pieds nus au clair de lune sur une terre aride. Elle avance, inlassablement vers ce qui a dû être un majestueux arbre plusieurs fois centenaire, sans jamais l’atteindre… Père, qui est-elle ? »

« Je ne sais pas mon enfant, elle seule peut te le dire. As-tu déjà essayé de le lui demander ? »

« Oui… Mais elle reste muette. Elle me fixe de son regard triste et suppliant, sans jamais me répondre. Ses yeux noirs sont si brillants que je peux y apercevoir le reflet de mon âme. Elle m’effraie, père… Et en même temps, sa compagnie me rassure. Je ne saurais dire pourquoi. »

« Et cette terre aride, l’avais-tu déjà vu ? Est-ce un endroit que nous connaissons ? »

« Non, père. Il s’agit d’un immense désert au milieu duquel se dresse un immense arbre noueux, comme déformé par une douleur effroyable. Je peux aussi entendre le cri lointain des oiseaux, un croassement austère, mais jamais ils ne viennent jusqu’à nous. »

« Déjà plus jeune, tu faisais ce genre de rêves… Le guérisseur du village avait annoncé à ta naissance que tu étais unique, exceptionnelle, mon enfant. Que tu possédais un fabuleux don. J’ai peur qu’il ait eu raison… Mais je suis bien incapable de t’aider. Je vais te mener à lui. Lui seul pourra répondre à toutes tes questions… »

La jeune fille, apeurée, fit un simple oui de la tête. Un don ? Vraiment ? Pourquoi elle ? Décidément, la vie ne lui faisait pas de cadeaux ! Orpheline depuis l’âge de 4 ans, l’homme devant elle, celui qu’elle surnommait Père, n’était en réalité que le frère de sa défunte mère. Il l’avait recueillie et élevée comme sa propre fille. Et ce, malgré la douleur de la perte de sa femme et de mes parents dans cet incendie. Et aujourd’hui, ce don ?! Les gens comme elle sont traités comme des parias… et finissent seuls et isolés. Parce qu’ils font peurs… Sont incompris.  

Sans un mot, elle enfila son manteau et suivit son oncle à travers le village. Ils s’arrêtèrent devant une vieille maison en bois, à l’entrée de la forêt. Un homme, vêtu étrangement, en sortit et sans un mot leur fit signe de rentrer. Il semblait les attendre. Sur la table, trois tasses remplies d’un liquide noirâtre fumant.

« Bienvenue Diana. Tu veux que je te parle de tes rêves je présume… Asseyez-vous. Je vais tout vous expliquer. »

Texte de L.S.Martins

Image par Stefan Keller de Pixabay 

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