monstre dans la forêt

Semaine Halloween – Histoire 1

Ma tête me faisait terriblement souffrir. Allongé sur un sol humide, les pieds entravés, la gorge sèche, une terrible odeur putride me brûlant les poumons, j’essayais vainement de réfléchir. Où étais-je ? Quelques vagues souvenirs resurgirent peu à peu. Je rentrais, une fois de plus, tard du travail. Un client étranger m’avait retenu toute la soirée. Il faisait déjà nuit et je roulais à toute allure. Quand soudain, une silhouette fantomatique apparut au beau milieu de la route. J’ai donné un coup de volant pour l’éviter et fini ma course endiablée dans un arbre. Classique… Après, c’est encore confus… La portière s’est ouverte et il me semble avoir aperçu un monstre effroyable. Probablement un de ces déguisements grotesques. Il m’a porté à travers la forêt sinistre, mais pour aller où ?

Une ampoule poussiéreuse au plafond illumina brusquement la cave sordide, et j’entendis des pas lourds dans les escaliers derrière moi, et des grognements étranges.

– Que me voulez-vous ? Qui êtes-vous ?

Aucune réponse. Je sentis tout à coup un souffle chaud dans ma nuque, et cette odeur fétide… J’en eus un haut-le-cœur. Il me saisit par le col de la veste et me traîna jusqu’à un lit miteux. Le matelas était poisseux de sang et de bien d’autres liquides organiques que je ne préfère pas énumérer. De toute évidence, je n’étais pas le premier à me retrouver ici…

Plusieurs jours s’écoulèrent. Toujours le même rituel. La lumière jaunâtre. Les pas dans les escaliers. Le souffle nauséabond dans ma nuque. Quelques gorgées d’eau croupie et un morceau de pain. Puis de nouveau ce silence assourdissant et cette solitude angoissante. Mais aujourd’hui, je ne sais pourquoi, il me détacha les pieds. Peut-être jugeait-il que j’étais trop épuisé pour essayer de fuir. Grave erreur ! J’attendis patiemment qu’il reparte pour me lever et explorer ma geôle. C’est alors que je découvris avec une joie immense, cette fenêtre étroite sans barreaux qui donnait sur la forêt. C’était enfin ma chance…

Aujourd’hui, je sais qu’il m’a laissé partir. Il m’attendait dehors, tapi dans l’obscurité de la nuit. J’ai couru le plus vite possible, mais il n’était pas loin. Je pouvais l’entendre rire…

Vous aussi ? C’est normal. Il ne vient pas pour moi cette fois-ci, mais pour vous !

Un conseil : courez. Courez sans jamais vous arrêter parce que s’il vous attrape, il en sera fini de vous !

Texte de L.S.Martins

Image par Etienne Marais de Pixabay 

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