Lune quasi-pleine seule dans un ciel bleu

Souvenirs d’enfance – Réécriture

Je roule depuis des heures. Les kilomètres défilent au compteur… Retour à la maison. Après des années d’absence…

Il a suffi d’un appel de ma mère. De quelques mots pour me faire revenir. Pour me faire renoncer à mes rêves… Quelle belle excuse ! Inutile que je me voile la face. Moi qui me planque toutes les nuits dans un bistro sordide dans l’espoir absurde de briller un jour.

Bercé par le ronronnement de ma vieille Ford. Hypnotisé par cette route interminable… perdu dans mes pensées, je me suis laissé surprendre par ce fabuleux spectacle. Une nuit sans nuage, sans aucune étoile, éclairée uniquement par cette lune gigantesque quasi-pleine qui semble m’attendre au bout du chemin.

Des souvenirs d’enfance me submergent, me soutirant un timide sourire. Léo… mon cher petit frère. Comment oublier le jour où il a vu pour la première fois E.T., l’extraterrestre. Il avait tout juste 6 ans… À la fin du film, il s’était précipité dans le jardin à la recherche de son vélo. Du haut de mes 10 ans, je savais pertinemment que c’était impossible, mais il paraissait tellement heureux… La maladie semblait le laisser tranquille l’espace de quelques instants.

Une larme tiède roule sur ma joue. Retour brutal à la réalité.

– C’est pour toi Léo…

J’écrase l’accélérateur, faisant hurler ma pauvre voiture. Le vent froid de la nuit s’engouffre dans l’habitacle par les fenêtres ouvertes. Mes cheveux fouettent mon visage. J’ai à nouveau 10 ans. Léo, assis à côté de moi, rie aux éclats me suppliant avec sa voix fluette d’aller plus vite. On y est presque… Je ferme les yeux et fais le vœu de décoller. Mais rien. Ma Ford, collée au sol, fonce à toute allure s’éloignant peu à peu de mes rêves d’enfant. 

Version du 16 septembre 2020

Je roulais depuis des heures…

Lorsque ma mère m’a appelée ce matin, je m’apprêtais à aller en cours. J’étais partie de la maison il y a déjà tant d’années… Et pourquoi ? Poursuivre mes rêves et découvrir le monde. Amère désillusion. Je travaillais dans un bistro sordide la nuit dans l’espoir absurde de briller un jour.

Bercée par le ronronnement de ma vieille Ford… Hypnotisée par cette route interminable, je m’étais perdue dans mes pensées. Lorsque je levai enfin les yeux, je surpris ce fabuleux spectacle. Une nuit sans nuages, sans étoiles, éclairée uniquement par cette lune, quasi-pleine, qui semblait m’attendre au bout du chemin. Des souvenirs d’enfance me submergèrent, m’arrachant un timide sourire. Léo… Il avait à peine 6 ans lorsque nous avons vu pour la première fois E.T., l’extraterrestre. Le générique de fin à peine terminé, il s’était précipité dans le jardin à la recherche de son vélo… Du haut de mes 10 ans, je savais que c’était impossible, mais il était si heureux. La maladie semblait l’avoir quitté l’espace de quelques instants.

Une larme roula sur ma joue, me ramenant à cette pénible réalité.

– C’est pour toi Léo… soufflais-je.

J’écrasais alors l’accélérateur, faisant hurler ma pauvre voiture. Les fenêtres ouvertes, le vent frais de la nuit s’engouffra dans l’habitacle. Mes cheveux me fouettaient le visage. J’avais de nouveau 10 ans. Léo, assis à côté de moi, riait aux éclats me suppliant d’aller plus vite. On y était presque… Je fermai les yeux faisant le vœu de décoller, mais rien… Ma Ford, collée au sol, fonçait à toute allure s’éloignant peu à peu de mes rêves d’enfant. 

Texte de L.S. Martins (30 minutes chrono). 

Image d’auteur inconnu disponible sur Pinterest : 8018a2e4c0b8da9e2045eaeeef7ddbb0.jpg (1080×1286) (pinimg.com)

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