Un étrange visiteur

Que se passe-t-il encore ? Pourquoi vous n’êtes pas à votre poste ? cria Fëanturi, l’un des Gardiens de la cité Aliaelis.

Une lumière incroyable inondait le cœur de la ville… pure et magnifique. Jamais les rayons du soleil n’avaient produit pareille beauté. Fëanturi se rapprocha de la foule, et comprit… devant lui flottait une chose fantastique… irréelle. Elle était si scintillante, si hypnotisante… il n’avait qu’une seule envie s’en approcher pour la toucher.

Soudain, l’obscurité de la nuit plongea toute la cité dans une profonde stupeur. La lumière s’était évanouie laissant place à une ombre étrange… un homme ? Il fit un pas en avant et hotta sa capuche dévoilant ainsi son visage à la lueur des lunes de Gallja.

Bonjour à vous, peuple Arelis, prononça l’étranger d’une voix claire et franche. Je ne suis qu’un simple voyageur qui ne demande qu’à découvrir votre planète et ses secrets les plus précieux.

Bienvenue étranger, prononça une jeune femme en s’avançant d’un pas assuré.

Son visage était masqué par une capuche de velours rouge, mais Fëanturi connaissait très bien cette voix suave… Celiphéa. Que faisait-elle dehors à cette heure tardive ?
Elle s’arrêta à quelques pas de l’homme et s’inclina.

Laissez-moi me présenter… Celiphéa, fille de Kyrion, chef de la cité Aliaelis.
Enchantée Mademoiselle, mais je vous en prie, relevez vous… dit l’homme en lui tendant la main. Ce serait plutôt à moi de m’incliner devant votre beauté…

Celiphéa ne répondit rien, mais Fëanturi devinait la grimace qui se dessinait sur ses lèvres. Il savait à quel point la jeune femme détestait qu’on la complimente sur sa splendeur, qui n’avait d’égale que son intelligence. Elle ne supportait pas sa condition de femme de compagnie… et pourtant, malgré sa lignée, jamais elle ne pourra être à la tête de la cité. Au mieux, elle pourra un jour s’asseoir aux cotés d’un époux, devenu à son tour chef de Aliaelis.

Je me présente Aegnor, visiteur des mondes.
Et bien, Aegnor, visiteur des mondes, le peuple Arelis est heureux de vous accueillir, annonça Celiphéa avec son plus beau sourire. Je vais vous conduire à Kyrion. 

Sous le charme, Aegnor ne répondit rien et se contenta de marcher aux côtés de Celiphéa. Malgré la magie des lieux, il ne pouvait quitter la jeune femme des yeux. Fëanturi avait déjà vu ce regard. De nombreux Gardiens l’avaient eu avant lui, mais Celiphéa était un électron libre… une créature indomptable amoureuse d’un seul homme. Quelle sera la réaction de cet étranger lorsqu’il le découvrira ? Méfiant, il les suivit de loin.

Vous ne semblez pas étonnée par le fait que je vienne d’un autre monde… souffla Aegnor.
Pourquoi serions nous seuls dans cet univers ? demanda Celiphéa surprise. Elle s’arrêta pour contempler le ciel et ajouta : Il y a tant d’étoiles… tant de mystères dans cette immensité qui nous entoure… je vous envie.

Inconsciente de l’effet qu’elle produisait sur cet homme, elle lui sourit et reprit doucement le chemin vers les appartements de son père. A travers cette visite improvisée de la cité, elle contait chacun de ses secrets à cet étrange inconnu : l’histoire de la grande place centrale… le chant du vent au petit matin… les tours jumelles au nord… le jardin aux milles senteurs au cœur de la ville…

Lorsqu’ils arrivèrent devant une magnifique bâtisse en cristal, elle s’arrêta.

Nous sommes arrivés. Je vous prie de m’excuser pour ces détours… dit elle en se retournant vers Aegnor.
Vous êtes toute excusée… j’ai apprécié la promenade, souffla le visiteur en s’approchant doucement d’elle.

Merci Celiphéa, tu peux disposer, dit Fëanturi d’un ton ferme, puis il se retourna vers Aegnor et ajouta : Kyrion vous attend. Nous avons à discuter.

Il poussa Aegnor dans le hall, et les deux hommes disparurent derrière la grande porte de cristal.

Qu’est-ce que vous êtes venus faire ici ? demanda froidement Fëanturi.
Comme je l’ai dit, je viens visiter votre planète, lui répondit Aegnor sur le même ton.
Visiter ? Une lumière aveuglante illumine la cité en pleine nuit et s’éteint quelques minutes plus tard vous laissant derrière elle. Vous pouvez m’expliquer ?
Il me semblait devoir parler à votre chef. Votre petit interrogatoire va durer encore longtemps ?
– Autant de temps qu’il me plaira. Répondez-moi maintenant.
Il s’agit d’une faille spatio-temporelle. Il en existe des milliers, mais il faut savoir les ouvrir, et il s’avèrent que j’ai ce don. Gallja me semble être une planète pleine de vie et j’ai de grands projets pour elle…

Une sombre lueur éclaira le regard de Aegnor et un sourire des plus étranges se dessina sur son visage. Fëanturi avait raison de se méfier…

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